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 Infrastructure - La chronique de Christophe Bardy

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Bientôt 400 000 openoffice dans l'administration française

A la une de la dernière édition du "réseau d'Ad@le", qui fait le point sur les dernières évolutions des systèmes informatiques de l'administration française, on trouve cette intéressante information : A l'horizon 2007, l'administration française devrait avoir déployé près de 400 000 postes sous OpenOffice, la suite bureautique libre développée à l'origine par Sun. Avec de tels chiffres l'administration française est sans doute le premier utilisateur mondial de la suite bureautique libre, preuve que la migration depuis Microsoft Office est possible à très grande échelle. Point supplémentaire pour hérisser le géant de Redmond, l'un des objectifs de la migration est la standardisation sur le format XML OpenDocument

juin 30, 2006 dans Actualité, Postes clients | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

EMC met la main sur RSA et ses outils de gestion d'identité

Lors d'une rencontre récente à Boston, j'interrogeais mark Lewis, le vice-président en charge du développement d'EMC, de l'absence d'outils d'identité et de l'absence d'une CMDB pour compléter ses stratégies de gestion de l'information et d'administration d'infrastructure. Dans la matinée, EMC venait de présenter de façon plutôt intéressants, ses derniers développements en matière de DRM d'entreprise et d'archivage de contenus et sa ligne de produits Smarts.

Dans le premier cas, l'absent évident était l'inexistence chez EMC d'une ligne d'outils de gestion d'identité pour faire la liaison entre protection, documents et identités des utilisateurs. Dans le second, Smarts semblait être un magnifique outil pour découvrir les éléments d'infrastructure du SI et cartographier leurs relations, mais EMC manquait visiblement de la base pour stocker ces informations et les maintenir à jour.

Dans les deux cas, Lewis a répondu à la question par des périphrases, indiquant que l'objectif d'EMC était l'interopérabilité avec les produits existants du marché. Ce n'est pas la première fois qu'EMC me tient un tel discours et généralement la solution est trouvée par une acquisition.

Dans le cas présent la question sur les CMDB a trouvé sa réponse le 7 juin dernier, avec l'acquisition par EMC des outils CMDB de nLayers. La question sur l'identité n'aura finalement pas mis beaucoup plus de temps à trouver sa réponse : cette nuit, EMC a annoncé l'acquisition de RSA Securities et de ses multiples outils de gestion d'identité, de PKI et d'authentification forte... Facture de l'ensemble : 2,1 Md$ pour donner naissance à la division sécurité de l'information d'EMC. Celle-ci sera basée à 50 km du siège historique d'EMC, à BedFord, alors que la plupart des autres divisions logicielles sont en Californie.

Il reste encore quelques trous à combler dans l'offre du géant, notamment du côté des outils de gestion d'annuaire, des outils de recherche et d'indexation de données. Un portail de service management serait aussi d'à propos pour compléter l'offre Smarts et l'offre de CMDB. En tout cas il faudra suivre les mouvements d'EMC. L'été parait-il promet d'être actif...

juin 30, 2006 dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Pour réduire la consommation d'énergie exigez de meilleures alimentations

Récemment rencontré lors d'un événement Intel au Castelet (Intel est sponsor de l'écurie BMW), Will Swope, l'un des vice-présidents de la division Digital Enterprise d'Intel, a répondu de façon étonnamment franche, quoique iconoclaste, aux questions que lui posaient les journalistes sur la gestion d'énergie.

Questionné sur les travaux que mène Intel pour réduire encore un peu plus la consommation de ses puces, Swope a répondu de façon un peu iconoclaste que la consommation du processeur n'est qu'un des éléments à traiter pour parvenir à des PC et serveurs moins voraces en énergie et qu'elle n'est pas forcément le plus important.

"La plupart des alimentations électriques insérées dans les PC et serveurs ont un rendement de l'ordre de 50 à 60 % et donc gaspillent énormément d'énergie. Il suffirait de quelques dizaines de dollars de plus pour installer une alimentation de meilleure qualité et obtenir un rendement de 90% (...) La question intéressante à se poser est alors de savoir si les clients sont prêt à payer pour cette économie d'énergie (..) la réponse vous vous en doutez est dans la plupart des cas négative". Cette analyse rejoint celle de Urs Holzle, le directeur des opérations de Google, selon lequel près de 50% de l'énergie perdue dans un datacenter l'est du fait d'inefficacités simples à combattre. Holzle estime ainsi qu'un tiers de l'énergie qui passe dans une alimentation de serveurs est transformé en chaleur et crée des problèmes supplémentaires de refroidissement dans les datacenter. Pour résoudre le problème, Google installe dans ses serveurs des alimentations dont le rendement est de 90%.

Quelle leçon en tirer pour les utilisateurs? En fait, une leçon de simple bon sens. Alors que le serveur biprocesseur moyen coûte facilement 4000 à 5000€, le prix d'un bon multimètre est inférieur à 300 €. En plus, de l'habituel test de performance, mesurez donc la consommation en charge de vos serveurs avant de passer commande et sélectionnez celui qui offrira le meilleur rapport performance/prix en exploitation, coût énergétique et coût d'infrastructure (refroidissement et sécurité électrique) compris...

juin 30, 2006 dans Serveurs | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

l'AFNIC, dernier obstacle dans la course au .fr

L'un des NIC les plus rigides de la planète, l'AFNIC (Association Française pour le Nommage Internet en Coopération), n'aura finalement réussi qu'une seule chose en verrouillant au maximum l'attribution des .fr pendant 12 ans : les ringardiser. Alors que l'Allemagne a franchi la semaine passée la barre des 10 millions de noms de domaines en .de, la France fait figure de retardée avec ses pauvres 550 000 noms de domaines. L'AFNIC se félicite pourtant des quelques 40 000 noms de domaines attribués récemment à des particuliers dans le cadre de l'ouverture complète du domaine fr. Il n'y a pas pourtant pas de quoi. Lassés d'attendre que l'AFNIC se réveille, un grand nombre d'association et de particuliers ont opté pour des noms de domaines en .org, .com et même en .eu, un domaine pourtant récent, mais qui s'est ouvert avant le .fr. Autant dire que ceux-là ne reviendront sans doute jamais au .fr.

A l'époque de sa tutelle par l'Inria, l'Afnic n'avait pas franchement été l'un des grands contributeurs du développement de l'Internet en France. Récemment, on ne peut pas dire qu'elle ait été un élément moteur du succès du .fr, que ce soit par sa politique de fermeture ou par sa politique tarifaire. A titre d'exemple, il subsiste toujours des règles absurdes dans la charte de nommage .fr comme l'impossibilité d'enregistrer des noms de domaines à deux caractères (c'est ce qui fait qu'il n'y a par exemple pas de hp.fr).

Terminons en signalant, que si le .fr est désormais totalement ouvert, après plus de 12 ans d'Internet public en France, ce n'est toujours pas le cas du .re (la Réunion). Un français métropolitain peut ainsi avoir son .fr mais un français habitant la Réunion ne peut avoir son .re. Comprenne qui pourra...

juin 29, 2006 dans Réseaux & Télécoms | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Virgin condamné pour piratage

Il y a des jours où l'actualité fait plaisir. Virgin France, ce groupe respectueux de la propriété intellectuelle, qui a soutenu le DADVSI et qui rêve d'un monde plein de DRM vient d'être condamné à 600 000 € d'amende par le tribunal de Commerce de Paris.

Virgin avait piraté le dernier titre de Madonna lors de son lancement en France (lancement fait en exclusivité par Warner avec France Télécom et Orange), puis l'avait repackagé et reDRMisé pour le diffuser sur son propre site web. Bien sûr Virgin avait fait tout cela "dans l'intérêt du consommateur", le même intérêt du consommateur qui avait sans doute prévalu au départ lorsque Warner avait accordé l'exclusivité à France Télécom/Orange (vous savez l'opérateur dont le slogan est "Open", en bon français, "Ouvert").

Le juge ne l'a pas entendu de cette oreille et à condamné VirginMega à verser 500 000 € à France Télécom et orange (250 000 € chacun), soit le coût de l'exclusivité payée par le groupe, et 100 000 € à Warner. Ironiquement, avec le DADVSI soutenu par Virgin, les sanctions auraient sans doute été beaucoup plus sévères....

juin 29, 2006 dans DRM | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

Nokia N70, officiellement schizophrène?

Nokian70La palme du jour revient à Nokia pour deux communiqués de presse sur le N70 arrivés presque coup sur coup dans ma messagerie. Cette petite merveille de technologie a tout d'abord été élue "Best Mobile Entertainment Handset" par le mobile entertainment Forum, l'un de ses multiples forums fantoches dont l'industrie du mobile a le secret. Passionnant... Bien sûr, l'obtention de son Meffy par le N70 ne s'est pas fait sans efforts, nous explique Patrick Parodi, le président du Mobile Entertainment Forum (il est aussi en charge de la vidéo mobile chez Alcatel). Selon lui, "Les Meffys 2006 ont été un événement férocement disputé". J'imagine entre deux petits fours, des hordes nordiques armées de N70, terrassant des samouraïs Japonais et des guerriers coréens équipés de combinés au format "clamshell"... La bataille a vraiment du être terrible.

A peine, les petits fours ce premier communiqué digéré, un second tout aussi passionnant arrive dans ma boîte aux lettres. Cette fois-ci, le N70, tout juste auréolé de son Meffy,vient d'être retenu comme le téléphone officiel de la coupe du Monde...des jeux vidéos. J'avoue que j'ai du mal à contenir ma joie, il est vrai que des nouvelles comme celle-là, on en reçoit rarement tous les jours...

Mais le doute m'assaille soudain. Dans ce communiqué, le N70 n'est plus un téléphone. Désormais, il se présente comme un ordinateur multimédia mobile. Un cas dangereux de schizophrénie ? Je l'entends déjà dans ma poche poussant un déchirant "non je ne suis pas un téléphone mobile...".

J'espère désormais un troisième communiqué, qui me donnera des nouvelles (rassurantes) du malade. J'ai bon espoir, le grand spécialiste finlandais de la schizophrénie est basé à Turku à une petite heure de route d'Espoo, le siège de Nokia. En attendant, je vais jeter un oeil sur mon Nokia 6680 au cas où. Il parait que la schizophrénie a des racines génétique. En cas de signes précurseurs, je pourrai toujours me retourner vers mon Motorola A1000. Avec un petit doute toutefois : lui aussi est basé sur l'OS Symbian...

juin 29, 2006 dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Géoplantage...

Geoportail

Une semaine déjà, et le GéoPortail reste toujours aussi inaccessible, effondré sous les assauts de milliers d'internautes français venus tester le "Google Earth" à la française. S'il ne s'agissait de l'Etat et de l'IGN, on pourrait même se demander si la chose n'est pas l'une de ses arnaques que l'on croise parfois sur Internet. Mais non, le Geoportail existe bel et bien, seul problème, il est aux abonnés absents.

Problème de conception ? Problème d'infrastructure ? Il semble en tout cas bien incapable de répondre à l'intérêt qu'il a (légitimement) suscité. Le problème ne devrait d'ailleurs pas être résolu avant longtemps. Le message d'excuse original qui s'affiche sur le site pour expliquer son indisponibilité, a en effet été modifié pour expliquer que la situation devrait être normalisée d'ici à l'automne. N'est décidemment pas Google qui veut en matière d'infrastructures web...

De quoi d'ailleurs s'interroger un autre projet censé concurrencer Google, celui du moteur de recherche sémantique européen, un projet sur lequel la France et l'Union Européenne vont dépenser plusieurs centaines de millions de subventions. Si l'on en croit Dominique Perben et Jean-François Copé, le Géoportail serait une "vraie merveille de la technologie, spectaculaire, éblouissant de simplicité". Ils ont raison : on peut difficilement faire plus simple qu'une page HTML d'excuses.

Rendez vous à l'automne pour la version Web 2.0 et les vrais débuts du Géoportail ;-)... En attendant, je retourne Google Earth, qui est certes en bêta mais qui, lui, fonctionne...

juin 29, 2006 dans Actualité | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Barbu, oh, grand barbu, quel doit être mon programme logiciel ? (Ou la rencontre de Ségolène et Richard)

Richard Stallman, le hérault du logiciel libre et fondateur de la Free Software Foundation, était récemment à Paris, avec le résultat que l'on sait. Identifié comme terroriste à l'approche de Matignon (mais quel attribut a donc permis de la classer comme tel), Stallman a été accueilli fraîchement par une compagnie de CRS et n'a pu faire connaître au gouvernement tout le mal qu'il pense du DADVSI, une loi inique, dont la pire des versions sera sans doute cyniquement approuvée, malgré les promesses du ministre de la culture. Il est vrai que l'on devrait avoir l'habitude de l'adage "les promesses n'engagent que ceux qui les croient".

Si Stallman ne séduit pas les hommes qui nous gouvernent, son look très Diogène ne semble pas avoir suffi à repousser Ségolène Royal, tardivement acquise au P2P et à la lutte contre les DRM, malgré l'avis contraire des chantres de la culture de son parti et notamment Anne Hidalgo - Oh Anne, ma soeur Anne, te rappelle tu de la loi sur les radios libres qui avait ouvert en France l'ère des licences globales- et Jack Lang - Oh jack, mon frère jack... zut ça sonne cloche...


Pour faire bref, Ségolène a rencontré Richard et ce qu'il se sont dit sonne comme une douce musique à mes oreilles. En voici quelques extraits :

"Ségolène Royal et Richard Stallman se sont accordés sur le caractère primordial des quatre libertés fondamentales qui fondent le logiciel libre :
- la liberté d'exécuter le programme, pour tous les usages
- la liberté d'étudier et améliorer le programme
- la liberté de redistribuer des copies
- la liberté de publier ses versions améliorées"

"Les développements financés par la puissance publique pour ses propres besoins devraient, de manière générale, être libres(...). Le système éducatif doit développer l'alphabétisation numérique. Cette formation devrait s'appuyer sur les logiciels libres."

"En consacrant juridiquement les restrictions numériques (DRM), le projet de loi « droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information » (DADVSI) va dans la mauvaise direction. Il faudra donc remettre à plat le cadre juridique créé par la loi DAVDSI au niveau français et contribuer à l'élaboration d'un cadre juridique européen et international plus favorable à la circulation des oeuvres et des connaissances."

Tout un programme (politique ?). J'attends déjà la prochaine éructation de la SACEM accusant le PS de soviétisation de l'industrie de la musique. Une SACEM, qui a peut être d'autres chats à fouetter puisqu'elle est confrontée à la menace brandie par l'UE de suppression des taxes pour copie privée sur les supports enregistrables. Il est vrai que l'on peut difficilement soutenir d'un côté des DRM, donc prohiber la copie, et maintenir de l'autre côté une taxe sur la copie. Si ce simple rappel à la logique est transcrit en droit, la SACEM devra expliquer à ses sociétaires pourquoi sa position extrémiste sur le DRM va les priver de plusieurs centaines de millions d'euros de revenus. Une explication qui permettra peut-être enfin à certains artistes de comprendre que, contrairement à la licence globale, les DRM ne protègent pas leurs revenus mais l'oligopole de quelques sociétés de distribution (dont la principale a oublié depuis longtemps sa vocation "d'agitateur culturel") et quelques multinationales du disque et de la vidéo...

juin 29, 2006 dans DRM | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack